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Les tatouages : etude anthropologique et medico-legale
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LES TATOUAGES.

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J'ai enfin observé un individu, porteur d'un petit tatouageà la partie antérieure des cuisses. Ces tatouages avaient étéfaits en prison, pendant qu'il dormait, et à la suite d'un pariavec un de ses codétenus qui avait affirmé pouvoir le tatouerpendant son sommeil sans le réveiller. Le premier jour, l'o-pération réussit et, à son réveil, l'individu se trouva tatouésur la cuisse droite, d'un petit tatouage du diamètre d'unepièce de 2 francs et représentant une abeille. Le second jour,le tatoué se réveilla pendant l'opération, alors que le dessinn'était pas complètement terminé; il n'y a en effet de tracéque le profil d'une figure humaine.

Des accidents produits par le tatouage.- Rayer, Parent-Duchâtelet, Casper, Hutin, Tardieu ont publié la relationd'accidents graves et même mortels consécutifs au tatouage.C'étaient des plaies guérissant difficilement, ulcéreuses, desérysipēles, des gangrènes rendant nécessaire une amputa-tion, des syphilis inoculées accidentellement.

M. Berchon a fait une étude pathologique fort complètedu tatouage. Il a divisé ses observations en cinq classescaractérisées:

1° Par les symptômes inflammatoires( 17 cas).

2° Par l'apparition de la gangrene( 8 cas).

3. Par la nécessité l'on s'est trouvé de pratiquer l'am-putation d'une partie souvent considérable des membres( 4 cas).

4° Par la mort des sujets( 7 cas).

5° Par quelques complications que leur rareté doit faireconsidérer comme des exceptions( 1 cas: observation d'ané-vrysme artérioso- veineux). M. Berchon dit que l'on pourraitfaire rentrer dans cette catégorie le fait d'inoculation de lasyphilis par un tatoueur vénérien.

Voici le fait tel que le raconte M. Hutin( p. 10).« Il nefaut pas croire que cette opération, si simple en apparence,n'expose jamais à des accidents d'un autre genre. La sub-stance servant à peindre les images n'est pas toujours la