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A. LACASSAGNE.
cuisse une cicatrice linéaire assez régulière se fit tatouer unpoignard dont la lame paraissait pénétrer dans les chairs.
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Des tatouages involontaires. Ces tatouages n'ont pasété signalés par les auteurs. Ils existent cependant et ils peu-vent prendre de l'importance dans certaines expertises. Ilssont le résultat d'accidents, de l'exercice professionnel, ils peu-vent avoir été faits par le procédé ordinaire sur une personneendormie.
Il est fréquent de voir à la face ou sur les mains lesrésultats de l'explosion d'une arme à feu qui a volé en éclatsou plus souvent encore d'une boîte à poudre, ainsi qu'il arrivefréquemment dans les réjouissances publiques. La poudre,surtout celle qui est à gros grains, pénètre violemment dansl'intérieur des tissus, et s'y incruste comme, dans les tatoua-ges ordinaires, les particules colorées apportées par les ai-guilles.
Il en est de même dans certaines professions. Je citeraiparticulièrement les mineurs travaillant souvent à demi nuset qui reçoivent sur les épaules et les bras des fragmentsde charbon détachés de la voûte. Ces fragments de charbon,à arêtes inégales, produisent sur la peau des écorchures oudes plaies facilement remplies de particules colorantes.
Il faut aussi dire quelques mots des tatouages accidentelssur lesquels le Dr Grandclément( d'Orgelet) a appelé l'at-tention( 1). Depuis longtemps, ce médecin avait signalé lesinconvénients graves qui résultaient de l'application du taf-fetas noir d'Angleterre. Ainsi il a vu une coloration persis-tante à la racine du nez, chez une dame de 30 ans, aprèsune application d'un morceau de taffetas noir, faite à l'âgede 4 ou à 5 ans; de même chez une autre dame, colorationsur une bosse frontale. Alph. Robert et Maurice Raynaudont signalé le même inconvénient après l'application de mou-ches et de vésicatoires.
( 1) Le Concours, 16 avril 1881.