LES TATOUAGES.
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signature; ordinairement c'est le tatouage du nez qui sert àcet usage. Les femmes n'ont pas le droit de faire de profon-des incisions sur la face; en revanche, le reste du corps peutêtre recouvert des arabesques les plus capricieuses.
Voici d'ailleurs les avantages que Dumont d'Urville recon-naît aux tatouages:« Il ajoute un grand degré d'expression etd'énergie à la physionomie, et l'étranger s'habitue facilementà cet ornement bizarre. Il met à l'abri des piqûres des mous-tiques, des intempéries des saisons; il diminue singulière-ment l'effet de l'outrage que les années font à la figure del'homme. Enfin, mieux que toute autre décoration extérieure,il révèle à l'instant la condition et le rang de celui qui leporte.>>
Avant de parler des procédés de tatouage dans notre mi-lieu social et puisque nous venons de voir comment le ta-touage se pratique chez les Indiens d'Amérique ou les habi-tants de la Nouvelle- Zélande, il sera intéressant de faireconnaître ce que nous avons observé chez les Arabes ou Ka-byles des provinces d'Alger et de Constantine, à Sétif, àAumale, à Médéa.
Ce sont généralement des mauresques qui tatouent lesArabes; elles se tiennent le plus souvent sur les marchés;très rarement on trouve des hommes exerçant cette profes-sion.
En général les tatouages sont faits à l'aide d'incisions pra-tiquées dans la peau avec un outil tranchant; on verse alorssur ces incisions représentant un dessin quelconque, ducharbon pile, du bleu de blanchisseuse, rarement on emploiel'encre de chine. Le henna remplace le vermillon, mais il estgénéralement très peu apparent; on l'emploie aussi en pou-
dre.
Quelquefois on tatoue à l'aide d'aiguilles.
A la suite du tatouage les opérateurs appliquent sur lapartie tatouée une herbe qu'ils nomment maghnina et qu'ilslaissent une journée sur la plaie; cette herbe a la propriété