LES TATOUAGES.
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dire, pas de partie du corps qui n'ait ses figures et ses den-telles, à commencer par les pieds: ce sont des brodequins etdes bas à jour les mieux dessinés et les mieux brodés quej'aie vus; les genoux ont leurs mollettes, les cuisses leurscuissards, tout le dos mille bigarrures; le haut du corps sedistingue par les plus belles cuirasses; ici rien n'est épargnépour rendre le dessin parfait, sauf les figures grotesquesqui sont ajoutées aux plus fines dentelles. Les mains ontleurs gants, mais des gants à jour qui remontent jusqu'àmoitié du bras, où ils rejoignent les bouts de manche duhausse col. Enfin le tout se termine par la figure; mais, ilfaut le dire, c'est en sens inverse du reste du corps, car sicelui- ci est brodé avec soin, celle- ci, au contraire, est à des-sein défigurée par des barres transversales obliques, et sigrotesques qu'elles inspirent la peur et le dégoût. Leur in-tention, au reste, est de faire peur à leurs ennemis. Sauf cettehorrible caricature de la figure, vous jureriez de loin voirle plus beau costume de cotte de mailles de nos anciens che-valiers; et dans la nudité des hommes des Marquises ondirait qu'il n'y a rien d'indécent, mais seulement un cos-tume fort bien assorti au climat et aux goûts guerriers de cepeuple.»
Nous allons maintenant donner d'après Lombroso lescauses qui maintiennent cette coutume. C'est l'étude anthro-pologique du tatouage.
1º La religion qui a tant d'influence sur les peuples a unecertaine tendance à conserver les habitudes et les coutumesanciennes. C'est ainsi qu'elle contribue à maintenir cetusage: son intervention est pour ainsi dire officielle à Lo-rette. Ceux qui ont un culte spécial pour un saint croientqu'en le dessinant sur leur propre chair ils lui donnent lapreuve réelle et l'assurance de leur attachement.
Sur 102 criminels tatoués, Lombroso en trouve 31 avecdes emblemes religieux.
Rappelons à ce sujet que les tatouages réprouves parMoïse sont assez rares chez les Israélites. Nous en avons