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Les tatouages du "milieu"
Entstehung
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La statue de Saint- Théodorit( Gard), au Musée de Nîmes, dont la face en T, enrelief, porte des tatouages spéciaux, très curieux, en relief, incurves;

Celle de Bragassargues( Gard), au Musée de Nîmes également, en calcairecompact de la période oligocène, dont la face mutilée porte aussi des tatouages.

Tous les signes portés par ces statues sont indiscutablement des tatouages. Leurnombre et leur localisation semblent marquer l'appartenance hiérarchique au clan ouà la tribu. Ces tatouages ont été très longtemps employés sous nos latitudes. De nosjours on les observe encore dans certaines peuplades primitives Glossar ::: zum Glossareintrag  primitives. Certains Indiensl'emploient également en traits verticaux, avec la même localisation. Quant au tatouagecurviligne de la statue de Saint- Théodorit, le motif s'en retrouve encore actuellementen Malaisie. La plupart des statues ou statuettes découvertes dans les fouilles étrangèresdes gisements de la même époque, portent des signes identiques. Les idoles de schistedu Portugal, les statuettes d'argile de Cucuteni( Roumanie), la déesse de San Martinho( Portugal), les déesses tombales égéennes, lusithaniennes, languedociennes, toutessont tatouées.

De même, les figurines de Tordos et celles de Jablanica( Serbie) sont tatouéessur le ventre et les seins. Dans les Cyclades, à Amorgos, on a découvert une tête tatouée.Ainsi, le doute n'est pas possible; l'homme préhistorique, l'homme de Cro-Magnon, se tatouait, et ce n'est pas seulement au Néolithique qu'il faut chercher lesdébuts du tatouage, mais au Quaternaire supérieur, à la fin du Paléolithique, époqueMagdaléniens, Solutréens, et même Aurignaciens, se tatouèrent.

De bons auteurs ont voulu voir dans le tatouage une manifestation essentielledu sens inné de la parure que tout homme porte en lui, citant à l'appui de cette théorieles sauvages des îles du Pacifique dont le corps est couvert de tatouages, car ils ignorentle vêtement.

Mais l'homme qui vivait au Quaternaire supérieur ne pouvait ignorer le vête-ment. Le climat était froid et sec, c'était à peu près le régime actuel des steppes. Lerenne était l'animal principal. D'ailleurs, l'Esquimau actuel n'est rien d'autre que l'hommede cette période qui suivit le renne dans sa migration vers le Nord, lors du réchauffe-ment progressif de la température sous nos latitudes. Et malgré la température trèsbasse qui règne dans son univers, l'Esquimau se tatoue.

Il faut donc chercher ailleurs que dans un souci de parure le point de départ dutatouage.

Robert Ganzo, poète et homme de science, dont les travaux sur la préhistoiresont suffisamment connus pour qu'il soit inutile de le présenter plus longuement et avecqui nous avons attentivement examiné toutes les hypothèses, nous a fourni l'explicationque nous avons adoptée comme la plus plausible.

A l'origine, l'homme préhistorique se peignait le corps, dans le but d'obtenirun camouflage lui permettant des ruses de chasse ou de guerre. Mais ces peintures,trop fragiles, devaient être renouvelées sans cesse, c'est pourquoi il chercha un moyende consolider ce camouflage chromatique et découvrit le tatouage.

Les peintures et les tatouages ont coexister pendant une certaine période,avant que le tatouage ait eu la suprématie.

Ce n'est évidemment qu'une hypothèse, mais l'étiologie du tatouage peut- elleêtre étudiée autrement?

Sans doute l'aspect décoratif du tatouage devait le faire considérer et estimerbientôt comme un moyen de parure. Mais, avec l'éveil de la conscience sociale, il devaitdevenir marque distinctive, puis signe sacré, magique, amulette protectrice.

Dans les dessins rupestres par exemple, à côté des figures à caractère repré-sentatif simple( animaux, silhouettes, etc.), nous trouvons des graphismes rudimentairestels que nous en ont présenté les figurines dont nous parlions plus haut: lignes groupéesen parallèles ou en rayons autour d'un point- centre; points isolés ou groupés en triangle,en cercle, en ovale, en ligne; triangles et croix; entrelacs et treillis; crochets, pointesen râteau, etc...

Tous ces dessins sont manifestement des idéogrammes à caractères symboliqueet mythique. Tatoués, ils sont chargés, comme le totem auquel ils s'apparentent, d'iden-tifier un individu en marquant son appartenance au groupe social et en lui assurant laprotection du totem dont ils sont l'image ou le symbole.

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