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Les tatouages du "milieu"
Entstehung
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CHAPITRE V

LES TATOUAGES DES FEMMES

Si le tatouage des hommes est fréquent, celui des femmes, en revanche, est rare.Les femmes le plus souvent tatouées sont les prostituées. On pourrait compter,chez elles, environ 13% de femmes tatouées. Ce chiffre, considérable, a été indiquépar plusieurs auteurs, et notamment par le docteur Jean Lacassagne, de Lyon, auteurde nombreux ouvrages et articles sur les tatouages, et plus spécialement sur les tatouagesdes prostituées.

Le chiffre que nous allons donner, infiniment plus modeste, a été obtenu aprèsl'examen de 1.357 femmes délinquantes. Nous avons observé 21 tatouées, soit 2,5%.Rappelons qu'un calcul identique effectué pour les hommes nous avait donné 17,5%de tatoués. Les femmes tatouées ne sont donc pas légion.

D'une façon générale, la femme répugne à se faire tatouer. Aussi est- ce presqueuniquement parmi les prostituées, et de la plus basse catégorie, que l'on trouve desfemmes tatouées.

Lacassagne a dit très justement que le tatouage sur une peau féminine est unsignal- symptôme de mauvais augure. Chez les filles très jeunes il est presque tou-jours un signe avant- coureur de prostitution.

L'usage du tatouage, chez certaines prostituées, est fort ancien. De nos joursil est beaucoup moins fréquent qu'il y a un siècle, et surtout les tatouages sont plus dis-crets, et généralement plus anodins.

Dans un ouvrage intitulé De la prostitution dans la ville de Paris, publié en 1836,réimprimé en 1857, Parent- Duchatelet dit que les filles qui fréquentent les marins etles soldats ont pris comme eux l'habitude de se faire des figures ou des inscrip-tions sur la peau.

Les tatouages que Parent- Duchatelet remarqua à cette époque ont subsisté,intacts, jusqu'à nous. C'étaient des noms propres suivis de Pour la Vie ou P. L. V.,parfois encadrés de fleurs ou accompagnés de cœurs entrelacés ou percés d'une flèche.

Parent- Duchatelet nota aussi que, lorsque la fille est jeune, le nom est celui d'unhomme, alors que si elle est âgée, c'est celui d'une femme, et dans ce dernier cas ilest tracé sur le ventre, entre le nombril et le pubis, ce qui ne se produit pas pour lesnoms d'hommes. Voilà des remarques particulièrement significatives.

A cette époque, l'auteur notait déjà que les tatouages ne se voyaient que sur lesfilles de la dernière catégorie et avaient tendance à disparaître.

En 1896, Lombroso et Ferrero notaient 2% de femmes tatouées, et 5% parmi lesprostituées. Ils citent quelques exemples d'inscriptions ou de dessins particulièrementtypiques et qui ne se rencontrent plus qu'exceptionnellement de nos jours. En voiciquelques- uns:

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