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Les tatouages du "milieu"
Entstehung
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CHAPITRE III

SITUATION ACTUELLE

Aujourd'hui, en France, la présence d'un tatouage sur un individu peut êtreinterprétée comme un signe suspect. Mettons à part, toutefois, les tatouages de com-pagnonnage portés encore par certains hommes âgés, les tatouages de régiment eten général tous les tatouages exécutés pendant le service militaire et dont on trouvedes exemples particulièrement nombreux sur les hommes ayant servi dans la Marineou les troupes coloniales.

Même dans ces derniers cas, le tatouage témoigne du passage d'un individudans un milieu mêlé; pour tous les autres cas on peut considérer sans grand risqued'erreur qu'il est un signe d'appartenance actuelle ou passée au«< milieu>>.

Les tatoués sont- ils nombreux? La réponse est délicate et doit être nuancée.Comparés à l'ensemble de la population ils sont rares. En revanche, dans la faune desprisons et des pénitenciers, leur nombre reste assez important.

Pour permettre d'apprécier la permanence d'une tradition, voici quelques sta-tistiques de la fin du siècle dernier à nos jours. On pourra voir que, si le tatouage subitdes variations de fréquence, il reste bien vivace.

De 1885 à 1889, Batut donne au Pénitencier militaire de Bône, pour 2.130 indi-vidus, 61% de tatoués; puis à l'Atelier des Travaux Publics, pour 1.000 individus, 41,2%de tatoués. Enfin, le même, à la Prison civile de Toulon, pour 120 individus, 17% de

tatoués.

En 1897, le docteur Charles Perrier, médecin des Prisons à Nîmes, donne pour859 détenus examinés 40% de tatoués.

Plus tard, le professeur Alexandre Lacassagne, principal créateur de l'Écolelyonnaise de médecine légale et de criminologie, donne pour 800«< Joyeux» examinés40% de tatoués. Une autre statistique donne pour les mêmes« Joyeux», 43,3% detatoués, à la visite d'incorporation en 1909.

En 1910, le docteur Locard, actuellement directeur du Laboratoire de Policetechnique de Lyon, donne pour 902 individus examinés le chiffre de 45,4% de tatoués.Vers 1930, les«< Joyeux» ont fait l'objet de nouvelles statistiques fournissant les chiffreseffarants que voici:

A l'incorporation: 15% sont tatoués.

A la libération: 70% dans les compagnies ordinaires,

90% dans les compagnies de fortes têtes,et 100% dans les compagnies de discipline.

Voici maintenant les chiffres que nous avons obtenus. Notre examen a porté surdes individus ayant tous été condamnés une ou plusieurs fois, originaires des régions

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