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Les tatouages du "milieu"
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et se tatouent. Depuis les Esquimaux Glossar ::: zum Glossareintrag  Esquimaux du Groenland et de l'Alaska qui se tatouent, dela façon curieuse que nous avons mentionnée dans le premier chapitre, des marquesà signification magique particulière variant avec le sexe, jusqu'à certaines tribus del'Uruguay, en passant par les indigènes des îles du Prince de Galles, qui se tatouentdes animaux totems, par les Indiens d'Amérique du Nord, dont les femmes portentle tatouage du menton, par ceux du Canada, du Michigan, du Wisconsin et par ceux del'Amérique Centrale, du Yucatan, de la Colombie, du Venezuela, tous pratiquent tradi-tionnellement le tatouage.

ÉPOQUE MODERNE

Il nous faut revenir en Europe et tenter d'évaluerl'importance sociale du tatouage, depuis l'Antiquité

jusqu'à nos jours, et décrire les phases de son évolution.

Une discrimination s'impose d'abord, eu égard à l'appartenance sociale desgens qui se tatouent. Par exemple, entre les pays anglo- saxons( Angleterre principa-lement) et presque tous les pays du continent.

L'Angleterre est, en effet, le seul pays européen le tatouage soit en usagedans la bonne société. Ainsi que nous l'avons mentionné plus haut, il est courant deporter ses armoiries tatouées, ou de petits emblèmes, ou des initiales. Pour ne citerque quelques noms parmi les plus célèbres, rappelons seulement qu'Edouard VII sefit tatouer étant Prince de Galles, et que le Duc d'York, le Duc d'Edimbourg, ainsi quecertains membres de la Chambre des Lords l'imitèrent. Certaines femmes de la hautearistocratie anglaise sont également tatouées. La plupart de ces tatouages furent exé-cutés par un spécialiste londonien à l'aiguille électrique, et en plusieurs couleurs, parfoisjusqu'à sept. L'opération coûtait assez cher.

Revenons à l'aspect général du tatouage dans les autres pays européens, et plusparticulièrement en France.

De la fin du Monde antique à nos jours le tatouage n'a pas cessé d'être pratiqué.Nous ne savons pas grand'chose de l'aspect du tatouage au Moyen âge, maisnous savons qu'il était tellement en faveur, que le Clergé s'en émut et que le Concilede Calcuth le condamna en 787, comme un vestige du paganisme. Cette interdiction nele fit cependant pas disparaître. Plus tard, il semble que se soit établie la coutume detatouer une marque sur les nouveau- nés. Un personnage de Beaumarchais n'est- il pointreconnu grâce à la marque tatouée sur son bras?

Pendant la Révolution on se fit beaucoup tatouer, particulièrement des devisespatriotiques ou républicaines, de préférence dans le goût féroce ou sanguinaire. Laplupart de ceux qui s'étaient fait tatouer de cette façon le regrettèrent amèrement quelquesannées après, et le cas de Bernadotte, bien que très connu, mérite cependant d'êtrerapporté.

Bernadotte, devenu roi de Suède, dut faire un jour appel à son médecin. L'hommede l'art ordonna une saignée, mais Bernadotte s'y refusa avec une énergie incompré-hensible. Devant l'insistance du médecin, Bernadotte fit sortir tous les assistants, puis,resté seul avec le médecin, lui fit jurer de ne répéter à quiconque ce qu'il allait voir.Il découvrit enfin son bras, et la«< Faculté», stupéfaite, y put lire cette phrase lapidairetatouée pendant la Convention Mort aux rois.

Puis le tatouage devint emblème militaire ou professionnel. Les militaires sefaisaient tatouer l'insigne ou le numéro de leur régiment. Souvent ce numéro se trou-vait encadré de rameaux, de palmes, ou de faisceaux d'armes et de drapeaux. Lecompagnonnage fit éclore une abondante floraison d'emblèmes professionnels. Chaquecompagnon portait tatoués les attributs de sa profession. Les maîtres d'armes portaientdeux fleurets entrecroisés et un masque; les maçons, l'équerre, le fil à plomb et la truelle;les charpentiers, la varlope et le compas; les forgerons, l'enclume, le marteau et lespinces; les boulangers, des pelles à four entrecroisées et un pain. Ainsi chaque profes-sion avait ses marques de reconnaissance, en tous points comparables au tatouage tribalpuisqu'elles avaient pour but principal de permettre aux membres d'une profession

de se reconnaître entre eux.

A la fin du siècle dernier, ces tatouages tombèrent en désuétude en même tempsque les traditions corporatives.

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