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Notes sur les voyages de Sindbâd le Marin, par M. Paul Casanova ...
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( 29).

Ce dernier livre connait aussi l'enlèvement des naufragés( cette fois, ils sontsept) par un oiseau non dénommé( 1).

Après Abou Hamid, d'autres auteurs ont parlé du roukhkh, entre autresle célèbre polygraphe Abou- l Faradj' Abd ar Rahman ibn al Djauzi( 510-597),qui raconte la même histoire qu'Abou Hamid. Ce dernier l'a rapportée d'aprèsun voyageur qu'il ne nomme pas; mais Ibn al Djauzi parle aussi d'un voyageurqui s'appelait' Abd ar Rahman al Maghrabi et qu'on appelait Şini, leChinois, à cause de ses nombreux voyages dans les mers de Chine. CommeIbn al Djauzi est contemporain d'Aboù Hamid ou ne lui est guère posté-rieur, il me paraît fort probable que c'est du même personnage qu'ontvoulu parler l'un et l'autre auteur. C'est à Ibn al Wardi que nous devons cettecitation du Hafidh ibn al Djauzi qu'il dit tirée d'un Livre des animaux qui estinconnu( 2). M. Huart demande si ce n'est pas l'ouvrage d'al Djâhidh( 3). Maissi al Djâhidh est bien l'auteur d'un Livre des animaux, il ne peut être appeléIbn al Djauzi; d'autres passages du même Ibn al Wardi identifient notre auteurà coup sûr( 4). D'ailleurs nous avons vu plus haut qu'al Djâhidh, si l'on admetl'argumentation que j'ai présentée, n'a jamais connu le nom du rokh. Noussommes ainsi amenés à identifier, par une correction inverse de celle qu'aproposée M. Huart, le Djahidh de Damiri( voir plus haut) avec le Hafidhd'Ibn al Wardì, c'est- à- dire avec Ibn al Djauzî( 5).

Dimichki( p. 727) donne, sans références, le même récit, mais le placedans l'ile de Komor( entre Ceylan et le paysdes Zendjs)( 6).

( 1) Merveilles de l'Inde, édit. Van der Lith, trad.Devic, p. 12; voir aussi p. 185. Cf. DEVIC,Pays des Zendjs, p. 247.

( 2) Kharidat al' adja'ib, édition du Caire 1324Hég., p. 83, article. Cf. FERRAND,Relations de voyages, p. 412. On remarqueraque, sauf le nom du voyageur, qui n'est pasdonné par Damiri, les deux textes sont sem-blables. Il est impossible qu'al Djâhidh, plusvieux de trois siècles, ait connu le mêmeper-sonnage qu'Abou Hâmid; c'est au contraire toutnaturel pour Ibn al Djauzi.

( 3) Compte rendu de l'ouvrage de Ferrand dansJournal asiatique, loc. cit., p. 176.

( 4) Par exemple p. 170, il emprunte untexte( que nous étudierons plus loin) au livreAdh dhahab al masbouk fi siyar al mouloûk del'imam, le hâfidh, le très savant Abou- l Faradjibn al Djauzi.

( 5) Les treize manuscrits de Damiri de laBibliothèque nationale( Catal. de Slane, 2783-2795) donnent exactement le même texte quel'édition du Caire. L'erreur de lecture vientpeut- être de Damiri lui- même, qui aura copiédistraitement ses notes.

( 6) FERRAND, Relations de voyages, p. 390,d'après trad. Mehren, p. 217-218(= édit,Mehren, p. 161-162).