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attesté du mot' anka. Dans la fameuse querelle des hommes et des animaux,longuement décrite par les Ikhwan as Safà, le‘ anķâ moughrib est le roi desoiseaux de proie; il habite l'ile de la mer verte que nul vaisseau ne peut at-teindre; l'ile est située sous l'équateur; elle a des eaux douces de source ou derivière, des arbres nombreux et très élevés comme le sâdj( teck) et le bambou;on y trouve l'éléphant, le buffle, le sanglier et autres animaux. Le' ankâ est leplus énorme des oiseaux quand il étend ses ailes, on dirait les voiles d'unnavire de haute mer, son vol fait vaciller les montagnes par l'ébranlement del'air; il enlève de terre buffles et éléphants( 1). Qui ne reconnaîtrait là le rokhde Sindbad? D'ailleurs, le roi des oiseaux en général est le Simourgappelé aussi le monarque- oiseau( 2). Les Épitres des Ikhwan aş Şafà pa-raissent avoir été rédigées, du moins dans le texte que nous en connaissons,vers 418( 3). Il me paraît certain que le nom de rokh ou roukhkh était in-connu à cette époque; car il y a, dans ce récit curieux, intention d'énumérertous les animaux connus, du moins les principaux. C'est donc dans des textespostérieurs aux Épîtres que le nom du rokh a dû être substitué à celui du' anka. Peut- être était- ce ce dernier nom qui figurait dans le texte primitif deSindbad. Alors c'est Aboù Hamid qui aurait démarqué les Voyages en secontentant de changer le nom de l'oiseau et celui du voyageur.
Il est à remarquer que Kazwini, qui n'a pas utilisé le récit d'Abou Hamidsur l'oeuf cassé, raconte cependant l'histoire du naufragé( par dévouement)qui s'enfuit de l'île déserte en s'agrippant à un oiseau énorme non dénommé.Le récit est emprunté à l'auteur du livre des Merveilles de la mer, L
qui le tient d'un homme d'Ispahân lequel, comme Sindbad, se trouvant ruiné,s'embarque avec les marchands( 4). Ce livre des Merveilles de la mer est- ille prototype des Voyages, ou est- ce une autre forme des Merveilles de l'Inde?
( 1) Kitáb ikhwan as safa wa khillân al wafa,édition de Bombay 1300 Hég., II, p. 190; cf.ibid., p. 169. Ce passage se trouve p. 69-70de l'édition de DIETERICI, Thier und Mensch vordem König der Genien, Leipzig 1881( 2° édit.),p. 69-70, mais manque dans celle qui aétépu-bliée à Calcutta en 1812 sous le titre: läisla, Ichwan- oos- suffa( devrait se trouver p.225 après la description du lion),
( 2) Ibid., p. 163, le roi des oiseaux JE; DIETERICI, op. cit., p. 37:; Calcutta,Ichwan- oos-- suffa, p. 121:( 3) Sur cette date, voir Journal asiatique de1915, 11° série, t. V, p. 17.
. الشاهرك
( 4) Kazwini, édit. Wüstenfeld, I, p. 117 infine. Lane l'avait déjà cité dans ses notes de latraduction des Mille et une Nuits, édition de1859, III, p. 87-88,