( 15)
et qui est à la Bibliothèque nationale ne contient pas les Voyages, et il s'estdemandé pourquoi Galland les avait insérés ainsi entre le premier et ledeuxième volume de sa traduction. Je crois que c'est l'histoire du premierportefaix avec les trois dames de Baghdad qui a entraîné le traducteur àutiliser, immédiatement après, les contes qu'il avait depuis si longtemps enportefeuille. C'est ce que prouve la transition adoptée par lui: Sire, sous lerègne de ce même Calife Haroun ar- Raschid dont je viens de parler, il yavait à Baghdad un pauvre Porteur...». Cette liaison naturelle des deuxcontes est, je crois, une preuve indirecte de ce que j'ai dit plus haut sur lecycle du portefaix et la dépendance des Voyages à l'égard de ce cycle.
J'ai retrouvé, d'une façon tout à fait inattendue, les deux manuscrits dontGalland s'est servi et dont il avait tiré sa traduction avant de connaître toutle recueil. Ils sont tous deux à la Bibliothèque nationale, où ils sont accom-pagnés de quelques autres que j'ai examinés aussi. Je vais donner une noticedes uns et des autres.
( 1) Alâ al- din, p. 4 à 9. Cf. les remarques deLoiseleur- Deslongchamps dans son édition desMille et une Nuits, Paris 1838, p. XXXIV- XXXV,et son Essai historique sur les contes orientaux Glossar ::: zum Glossareintrag orientauxdes Mille et une Nuits, Paris 1838( qui repro-duit la préface de l'édition), p. 103, S VIII,Manuscrits. J'ai soigneusement vérifié les asser-tions de Zotenberg et les ai reconnues scrupu-leusement exactes. Pour ce qui est de l'ancien-neté du manuscrit, je suis de son avis; je vaismême plus loin que lui. Burton( SupplementalNights, VI, p. 441, note 2) dit que Zotenbergl'a informé qu'il avait des raisons de croire lemanuscrit plus ancien que la deuxième moitiédu xiv siècle( cf. CHAUVIN, Bibliogr. ar., IV,p. 197, qui cite Burton( 2° édit.), XII, p. 262,note 2). Je crois personnellement qu'il est du
XIII siècle. L'écriture est du style ayyoûbite( vers la fin des Ayyoûbites d'Égypte, 640 envi-ron de l'Hégire). Pendant que j'étudiais le ma-nuscrit à la Bibliothèque nationale en juin1919, le hasard voulut que mon ami M. vanBerchem, le maître incontesté de l'épigraphiearabe, s'y trouvât aussi. Sans le prévenir de laquestion, je lui soumis le manuscrit et il eut lamême impression que moi. Je dois cependantajouter que je crois avoir remarqué que l'évo-lution de l'écriture de Syrie retardait générale-ment sur celle de l'Égypte. Comme Galland dit,dans sa préface, qu'il a fait venir le recueil deSyrie, il est possible que le type ayyoûbite dece manuscrit appartienne à une époque plusrécente, peut- être à la fin du XII° siècle, maissûrement pas plus tard.
2
641