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Du tatouage : recherches anthropologiques et médico-légales
Entstehung
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TATOUAGE.

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peau du tatoué, afin, disent- ils, d'éviter la douleur et de donner au dessin unegrande netteté.

Quelques tatoueurs ne font qu'une seule piqûre; d'autres repiquent uneseconde fois, afin d'avoir des contours plus nets et plus apparents. Les aiguillessont alors enfoncées à 1 millimètre et toujours obliquement, puis, l'opérationterminée, le tatoueur lave la surface du dessin avec de l'eau, de la salive ou del'urine.

Des dessins même compliqués sont exécutés en une demi- heure. Nous avonsvu un beau tatouage haut de 20 centimètres et large de 13, représentant unIndien tenant le drapeau des États- Unis, qui avait été fait à New- York en vingt-cinq minutes. Ce tatouage avait été payé 15 francs. Le tatoué nous racontait quecelui qui lui avait fait ce dessin. était un Irlandais habitué des maisonsvivaient les matelots. Il avait un album les amateurs choisissaient; le prixdu tatouage était marqué à côté. Cet industriel gagnait ainsi sa vie et, parait- il,son gain s'élevait certains jours à 100 francs.

Il existait aussi dans la même ville en 1871 un autre tatoueur qui avait desplanches gravées à l'avance et armées d'aiguilles représentant les dessins. On lesappliquait sur la partie à tatouer, l'impression se faisait en une minute et, nousraconte- t- on, sans souffrance.

Le plus souvent, dans nos pays, les tatoueurs font usage d'encre de Chine, devermillon. Parfois ils emploient le charbon de bois pilé et délayé dans de l'eau,l'encre bleue, plus rarement le bleu de blanchisseuse.

C'est l'encre de Chine qui occasionne le moins d'inflammation consécutive. Iln'en est pas ainsi du vermillon qui, de plus, disparaît plus facilement. Le pruritoccasionné par les croûtes de vermillon donne lieu à une vive irritation, lemalade arrache parfois celles- ci avec les ongles et souvent, ainsi que nous avonspu le constater, fait disparaître les particules de vermillon. D'ailleurs, avec letemps, cette couleur s'efface souvent, et sur des tatouages n'ayant pas plusde cinq ou six ans de date nous avons constaté l'absence de la colorationemployée.

Le charbon en poudre dure encore moins longtemps, il détermine peu d'acci-dents inflammatoires.

Ainsi que l'a fait remarquer M. Berchon, jusqu'à la fin de la troisième ou dela quatrième semaine, les lignes tatouées sont plus larges qu'elles ne le serontplus tard et ressemblent assez bien aux traînées de nitrate d'argent faites sur lapeau pour délimiter les érysipèles, puis, lorsque les croûtes se sont détachées,la peau reprend sa souplesse et son aspect normal, au voisinage du dessin. Ilfaut un peu plus de temps pour les tatouages au vermillon; les croûtes laissantaprès leur chute une surface luisante et moirée plus persistante.

2° Tatouage par scarification. Cette deuxième variété de tatouage consistedans des incisions très- superficielles, telles que celles qui accompagnent l'appli-cation des ventouses. Nous aurions pu même la confondre avec la variété précé-dente du tatouage par piqûre, car le but en est le même, celui d'introduire desmatières colorantes diverses formant un dessin déterminé, tandis qu'il diffèreconsidérablement, ainsi qu'on le verra, du tatouage par cicatrice, lequel consisteen une véritable plaie, une entaille profonde, atteignant le derme, et danslaquelle on n'introduira aucune substance étrangère.

Nous trouvons ce procédé spécial de tatouage par scarification d'abord enAlgérie, les Arabes se soumettent à l'opération par la main des Mauresques.