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Du tatouage : recherches anthropologiques et médico-légales
Entstehung
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TATOUAGE.

un premier signe de tatouage vient se superposer l'emblème du nouveau pro-priétaire, de sorte qu'on peut ainsi compter par combien de ventes successivesl'individu a passé. Enfin, il y avait chez certains peuples de l'Extrême- Orientune application de tatouage assez singulière pour être mentionnée ici. C'était letatouage employé comme passe- port et sauf- conduit. C'est ainsi que l'historienMa- Touan- Lin raconte qu'à la cour d'un empereur, alors en lutte avec sesvoisins, il faisait appliquer aux voyageurs qui voulaient traverser les terri-toires amis un système spécial de tatouage qui les garantissait contre touteagression.

d. Tatouage religieux. Le tatouage a souvent le caractère d'une consécrationreligieuse. Dans les populations sauvages il est constant chez les prêtres ets'étend chez eux à toutes les parties du corps. Il y a plus, comme ils sontordinairement rasés, surtout en Polynésie, les points découverts du cuir che-velu, du pubis, des aisselles, n'échappent point à une ornementation des pluscompliquées. Ce sont des fleurs, des emblèmes, des représentations d'animaux,lézards, serpents, etc. Nous avons vu plus haut que chez les peuples dont le sacer-doce est occupé par des femmes les prêtresses sont tatouées d'une façon spécialeen même temps que l'opération du tatouage leur est ordinairement dévolue.

e. Tatouage des associations. Certaines associations occultes, sortes desociétés sécrètes, adoptent un système d'ornementation pour distinguer leursaffiliés. C'est ainsi que de Rienzi décrit longuement les différents tatouagesusités en Polynésie et surtout à Tahiti par les membres de la secte des Arreoy.Dans cette association dont se rapprochent, à l'époque actuelle, les Mormons,les femmes étaient communes à tous, mais un homme ne pouvait cohabiter avecl'une d'elles que pendant deux ou trois jours. Si elle devenait enceinte, l'enfantétait étouffé à sa naissance, afin de ne point entraver la pratique de la prosti-tution la plus complète. La secte avait en outre d'autres priviléges, tels que levol, le pillage et toutes sortes de désordres. Or, les Arreoy se divisaient en septclasses dont chacune avait son tatouage spécial: la plus élevée était celle desavae paraï, qui signifie jambe peinte; la seconde, celle des oti- ore, dont lesbras étaient tatoués depuis les doigts jusqu'aux épaules; la troisième, celledes haroteas, tatoués depuis les oreilles jusqu'aux hanches; celle des houas,portant deux petites figures seulement sur les épaules; la cinquième, celle desatoros, avait une simple marque sur le côté gauche; la sixième, un petit cercleautour de chaque cheville; enfin, la septième, celle des pous, sortes de surnu-méraires ou candidats à la secte et qui exécutaient dans les réunions la partiela plus fatigante des cérémonies, les pantomimes, les danses, etc.

Des associations d'un autre ordre, des sociétés secrètes politiques, ont sou-vent adopté de nos jours un signe de ralliement emprunté au tatouage. C'estainsi que Lombroso cite certains individus ayant prêté serment de fidélité à lareine de Naples, qui portaient sur le bras l'image de cette reine, et au- dessousle mot Gaeta... On pourrait citer beaucoup d'autres exemples analogues.

f. Tatouage domestique. Signalons encore le tatouage domestique aux îlesMarquises. Dans les possessions européennes l'esclavage est aboli, on en aparfois conservé l'habitude. Quelquefois le tatouage a été employé dans unefamille pour distinguer les enfants les uns des autres. Ainsi un Arabe qui por-tait derrière l'oreille un signe de tatouage affirmait au docteur Kocher qu'il luiavait été gravé par sa mère, afin qu'elle pût le reconnaître. Nous avons nous mêmeconstaté chez quelques jeunes Arabes de grandes tentes élevées de la Medressa