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L'Exemplum dans la littérature religieuse et didactique du moyen age
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CHAPITRE PREMIER.

L'Exemplum dans la prédication et dans les traitésd'instruction et de morale jusqu'à la fin du XIe siècle.

L'emploi de l'exemplum dans l'exposé de la doctrine chré-tienne remonte aux origines même du christianisme. Lesévangiles sont en effet remplis de ces récits en action quicachent sous la forme la plus naïve, les vérités morales lesplus élevées. Si le Sauveur a fait un usage constant de cesparaboles, de ces exemples vivants empruntés aux règnesde la nature 1 dans sa prédication ambulante pour frapperl'imagination et émouvoir la sensibilité de ses auditeurs,afin de faire pénétrer en eux par ce moyen sa doctrine, ilest vraisemblable que les disciples immédiats et médiatsne se sont pas écartés de la méthode suivie par le maître 2.

1. L'exemplum se présente dans les évangiles sous trois aspectsdifférents. Dans la plupart des cas, c'est sous forme de parabolesque le Sauveur a exposé sa doctrine( v. l'enfant prodigue, Luc., XV,11-32; le bon Samaritain, Luc., x, 30-37; le pharisien et le publicain,LUC., XVIII, 9-14); parfois aussi il a eu recours aux comparaisonsempruntées aux règnes de la nature( v. l'ivraie, MATH., XIII, 24-30,36-43; le grain de sénevé, MATH., XIII, 32; MARC., IV, 30-32; l'arbrestérile, Luc., XIII, 6-9; la perle, MATH., XIII, 45, 46); exceptionnellementil a fait usage de la prosopopée( v. Lazare et le mauvais riche, Luc.,XVI, 19-31).

2. Cette méthode d'enseignement moral remonte du reste bien plushaut que la fondation du christianisme. Elle a été pour ainsi direexclusivement en vigueur chez les anciens peuples orientaux Glossar ::: zum Glossareintrag  orientaux sousla forme de parabole, de conte, de légende et de fable( v. le livrede Sindibad ou des sept sages, les fables de Bidpai( Kalilah etDimnah), le Pantschantantra ou l'éducation des trois jeunes princes,le roman de Barlaam et de Josaphat). Elle a été également familièreaux Grecs; la popularité dont jouissaient chez eux les fables d'Esopeen témoigne assez. Les grands orateurs attiques n'ont pas dédaignéd'y recourir. Ainsi Démosthène, dans un de ses discours contrePhilippe de Macédoine, a eu recours à la fable du loup et du chien( v. Plutarque, Vit. orat. x, 401). Les Romains, à leur tour, s'en sontlargement inspirés en élargissant son application. Cependant, au lieude s'en tenir à la parabole, à la légende, à la fable et au conte, comme