Druckschrift 
L'Exemplum dans la littérature religieuse et didactique du moyen age
Seite
1
Einzelbild herunterladen
 

AVANT- PROPOS

Dans nos études sur la Littérature latine du Moyen Age,il nous a été donné de constater maintes fois que les maî-tres de la pensée de cette époque, orateurs, moralistes, mys-tiques, professeurs, avaient l'habitude d'illustrer et d'agré-menter leurs enseignements de curieuses anecdotes etdescriptions, qu'on appelait dans le langage du tempsexempla.

Par le mot exemplum, on entendait, au sens large duterme, un récit ou une historiette, une fable ou une para-bole, une moralité ou une description pouvant servir depreuve à l'appui d'un exposé doctrinal, religieux ou moral 1.

1. Chacun de ceux qui jusqu'ici se sont occupés de l'exemplum ena donné une définition. En voici quelques- unes à titre de renseigne-ment. Paul MEYER, dans son introduction aux contes moralisés deNicole Bozon( Paris, 1889), p. x, en donne en même temps que l'expli-cation, la définition suivante:« Tous ces contes, quelle que soit leurnature, ont été compris au Moyen Age sous le nom latin d'exempla,terme général, par lequel on entendait ce qui était cité pour servird'exemple.» Bozon emploie ce mot dans le sens le plus étendu.Il désigne par toute espèce de récit, une pure fable, l'expositionmorale d'une propriété naturelle. Mais fable a pour lui une signi-fication plus restreinte. Il réserve cette dénomination aux récitsvenus en général de l'antiquité, dont les acteurs sont des animaux.Nous appellerons exemples les historiettes réelles ou fictives, quine sont pas à proprement parler des fables et que Bozon appelleparfois non plus exemples, mais« aventure, fait, conte».

M. F. CRANE, dans l'introduction qui précède son édition des exem-pla de Jacques de Vitry( London, 1890), s'exprime à son sujet de lafaçon suivante, p. XVIII:« The word exemplum is employed by theecclesiastical writers in two meanings, our exempla in a generalsense, second, an illustrative story. This second meaning of the wordis. I think, not earlier than the end of the twelfth or the beginningof the thirteenth century.» Et, plus loin, p. XLVII:« Sometimes

1